Mais où s’arrêtera le plafond de la dette américaine ?

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En ayant une nouvelle fois mis à l’arrêt plusieurs administrations et services fédéraux (shutdown), les Etats-Unis sont dans l’attente d’un énième relèvement du plafond de sa dette. Or, il a été relevé plus de 100 fois depuis 1917…

Les républicains, majoritaires à la Chambre des représentants, ont bloqué le projet de budget 2014, n’approuvant pas la fameuse réforme Obamacare et ses moyens de financements. De ce blocage a découlé un nouveau « shutdown », le 18ème depuis 1976, aux conséquences pourtant très directes pour l’économie américaine. Son coût est estimé à 8 milliards de dollars par semaine, son application met au chômage technique 800 000 fonctionnaires travaillant principalement dans des musées et parcs nationaux, mettant ainsi en péril le secteur touristique.

Républicains et Démocrates se renvoient la faute, mais personne n’est là pour porter la voix de tous ces gens qui ne peuvent se rendre à leur travail aujourd’hui. Cet épisode renforcera sans doute le sentiment de distance entre citoyens et politiques, tout en rajoutant du mal au mal par son coût réel sur l’économie. Intérêts politiques et idéologiques ont encore une fois pris le devant sur l’intérêt général.

Cependant, les Etats-Unis s’en sortiront encore en rehaussant le plafond de leur dette, et en remboursant de manière rétroactive ces fonctionnaires au chômage technique, comme ce fut le cas précédemment, même si cela n’est pas garantie à l’heure qu’il est. En attendant un accord, les discussions portent autour de la mise en application de cette réforme que les républicains veulent retarder d’un an, d’un moratoire sur le contrôle des émissions de carbone ainsi que de l’extension d’un pipeline censé relier la province d’Alberta, au Canada, à la ville de Houston au Texas.

Mais la question est de savoir quel est le plafond du plafond. Les années Bush, marquées par de fortes dépenses dans le secteur militaire suite aux attentats du 11 septembre, ont vu le plafond de la dette passer de 5 950 milliards en 2001 à 10 615 milliards de dollars en 2008, soit une hausse de 4 665 milliards de dollars. Mais c’est sous Obama, crise oblige, que le plafond augmentera le plus. Il est à l’heure actuelle de 16 700 milliards, soit 6 085 de plus depuis son premier mandat. Ce rehaussement paraît donc sans limite.

Or, une question logique s’impose : quid des créanciers, de ceux qui ont prêté l’argent ? Face à cette colossale dette arrivera le moment où ces derniers ne voudront plus prêter et exigeront d’être remboursés.

Mais en tant que première puissance mondiale, personne n’est là pour leur imposer des plans à suivre ou des directives. Imaginez une seule seconde les Etats-Unis soumis à la règle des 3% de déficit public comme c’est le cas en Europe… Le pays est totalement libre dans sa politique économique,  mais c’est cette fois tout le monde occidental qui sera touché par ses conséquences en cas de nouvelle crise majeure.

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